AIDE A LA DECISION

Les hivers les plus récents ont su confirmé la non disponibilité en quantité suffisante de la neige naturelle ainsi qu’une répartition des températures de plus en plus marginalisée.
Selon les spécialistes, l’effet de serre qui a aujourd’hui engendrer un accroissement moyen des températures de l’ordre de 0,6°, ne fera dans l’avenir qu’accentuer cette évolution avec des enneigements de plus en plus déficitaire sous 2000 m. Cela amènera par effet de cause une diminution de la longueur des hivers et donc accroître les besoins en neige de culture, même si l’extrême variabilité de ces constatations d’une saison à l’autre peut sans être une tendance, ressembler à des indicateurs des évolutions présentes. De plus à ces paramètres de déficit, il faut ajouter aux besoins celui de l’érosion artificiel du manteau neigeux lié à la sur-fréquentation de certains retours à la station, à l’étroitesse de certaines pistes et à leurs dénivelés importants ou soutenus.
Il apparaît donc devoir se dessiner, non plus en terme de prestige mais de survie économique, l’obligation d’investissement dans ce secteur en amont de l’activité de l’ensemble des différents acteurs d’une station de skis.
Les évolutions technologiques, ainsi que l’expérience obligent à de nouvelles réflexions pour ce qui concerne les équipements, l’investissement ou le fonctionnement de nos outils de production avec le souci omniprésent de la garantie de l’enneigement offert à nos clientèles autant en terme de quantité, que de qualité et ce du premier au dernier jour de la saison prédéterminée.

 

Choix techniques : A l’heure actuelle, compte tenu des enjeux économiques importants, la situation de l’industrie de fabrication de neige reste très évolutive notamment dans le domaines des recherches innovantes, dans l’amélioration des technologies existantes, surtout dans la diminution des ratios énergétiques au m3 d’eau produit et plus particulièrement dans l’abolition partielle ou totale de pollution sonore. Il n’en reste que, hormis le système Ice Création System ( ICS ) insensible aux températures extérieur pour sa partie fabrication, toutes les autres technologies ont besoin de froid et d’affinement de leurs produits pour des températures proches du 0°.
Il est donc important en ayant pris en compte au préalable de la topographie, de quantifier d’une part les besoins, les fenêtres de froid disponibles à la production, en privilégiant l’étude économiques de ces choix et l’étude des durées d’enneigement en accord d’une part avec les besoins généraux et l’immobilisation des matériels et ressources disponibles en conservant un œil perspicace sur les obligations de maintenance et les prérogatives de vieillissement. C’est le rôle du cahier des charges qui se doit d’être le plus précis de manière à obtenir les meilleures réponses possibles aux problèmes posés et devient par cela une garantie aux éventuels oublis ou dérapages .

Le système dit Haute pression ou à atomisation bi-fluide : Ce système mis au point et longuement commercialisé par la société York, sans véritable concurrence dans le passé, a vu ses débuts il y a une trentaine d’années, il rivalise aujourd’hui avec des systèmes similaires tout en restant prépondérant sur l’ensemble du marché . Il nécessite 2 départs à l’usine, un pour l’air comprimé à 8,5 bars , puis une fois réfrigéré et déshuilé amené par des canalisations jusqu’au canon via une vanne de régulation où il retrouve l’eau issue d’un second départ, refoulée à une pression correspondante au dénivelé plus la pression minimum de travail du dernier canon amont. Cette eau est elle aussi réfrigérée à l’aval de son transit mais ne nécessite pas forcément un système de filtration.
L’air et l’eau pénètrent donc dans l’enneigeur sous pression, l’eau est pulvérisée en fines gouttelettes sous l’effet des turbulences et d’un usinage particulier du canon ainsi que sous l’effet de la détente brutale de cet air dans l’atmosphère. Le débit d’air est proportionnel à la taille de la buse et relativement linéaire dans la production tandis que celui de l’eau varie en fonction d’une pression de consigne en liaison étroite avec l’évolution des températures. Ces débits permettent le calcul important du rapport Air/Eau et donnent de manière asymptotique une approche des coûts de production.
Même si l’effet de refroidissement engendré par la détente de l’air qui participe activement à l’amorçage de la congélation de l’eau avec la perte de calories permise lors de trajet montant de l’ordre de 0,414° pour 100 m , il est capital sous peine de pénalisation de débits d’avoir une eau inférieur à 2,7° au départ de la salle des machines.
Avec un principe de fonctionnement général identique , les systèmes d’enneigement bi-fluides ont des niveaux de performances très différents en fonction de leurs automatismes.
Les nouveautés actuelles sont de pallier au problèmes de températures d’eau, de diminuer l’air particulièrement énergivores et surtout d’enrayer de façon radicale le bruit généré par les détentes d’air des canons en fonctionnement. L’atout principal de ces canons est de correspondre à une réponse dans le cas de topographie difficile ou pour des besoins de neige importants et réguliers. Notons qu’aujourd’hui selon les études menés en France par le Cemagref, ainsi qu’en Suisse et en Autriche il n’y a pas à proprement dit d’impact négatif de la neige de culture sur l’environnement et que, même dérisoires vis à vis de l’utilisation de moteurs 2 temps, de fuite des chenillettes ou des surplus de graisse sur les poulies des remontées mécaniques, les condensats d’huile contenus dans l’air comprimé sont actuellement soumis à un traitement de récupération obligatoire. La seule pollution restant à combattre vis à vis des résidents reste sonore et deviendra par obligation un paramètre important dans le choix d’investissement. Les recherches dans ce sens s’accélèrent et deviendront sous la poussée des résidents proches des pistes des arguments commerciaux incontournables.

 

Le système basse pression dit mono-fluide à générateur ventilateur : Dans ce procédé de fabrication de neige, on amène à de petits gicleurs ( nucléateurs ) un mélange à haute pression d’air et d’eau qui est injecté dans un grand courant d’air à basse pression généré par un ventilateur électrique, dans lequel d’autres gicleurs ( multibuses ) ou une buse centrale dirige vers ce courant de l’eau pulvérisée qui vient se mélanger et se congeler sur les noyaux glaçogénes produit par la nucléation. L’air est produit par un petit compresseur embarqué fournissant une pression d’environ 6,5 bars avec un débit de 38 Nm3/h environ en moyenne.
Ce système mono-fluide comme les enneigeurs bi-fluide dernière génération peuvent pallier aux handicaps de fonctionnement aux températures marginales et peut être conjoint à une technologie haute pression en présentant l’intérêt de rendement plus important ou de fonctionnement en autonomie complète. Il nécessite cependant une alimentation électrique en 380 volts et une obligation pour le système multi-buses, dans le cas d’un non raccordement à un réseau d’eau de ville, d’un système de filtration à ne pas sous estimer, profitons de cette remarque pour signaler que dans le cas de l’utilisation d’une eau trop hygiénique, l’absence d’impuretés maintiennent les gouttelettes d’eau en état de surfusion et donc peuvent altérer la qualité de la neige de 20% au minimum. Le canon monofluide trouve aussi ses limites dans le cas de déplacements ou d’implantations dans des reliefs difficiles. La pression d’eau peut être un atout économique important dans l’option de tel ou tel canon basse pression, les débits suivant de façon proportionnelle les pressions d’eau statique alimentant les abris, de plus il reste plus insensible à la température de l’eau dans le volume de ses productions.
Compte tenu des technologies diverses développées par les systèmes décrit plus haut, la mise en place d’une unité de production de neige de culture peut se révéler plus ou moins complexe selon les aménagements à réaliser et répondant aux nécessités techniques du procédé retenu.
La configuration des systèmes générateurs à ventilation ne demande pas en général la pose de canalisations d’air, n’appelle pas à la construction de salle de machines complexe et donc la relative simplicité d’une telle installation contribue à réduire de façon notoire les coûts d’investissement et de fonctionnement malgré l’obligation d’une alimentation triphasée. L’efficacité d’une installation ne se mesure pas simplement à travers les performances des enneigeurs ou de la technologie retenus, elle s’évalue globalement à travers sa capacité à répondre aux besoins initialement déterminés, à ses coûts de maintenance et de fonctionnement et à son aptitude au vieillissement ainsi qu’aux outils de gestion livrés avec le process.

 

Etude des coûts de fonctionnement : Il apparaît que face à l’opportunité de la mise en place d’une unité de production de neige de culture, son dimensionnement optimal doit être un compromis entres les besoins recensés, son coût à l’investissement et au fonctionnement et les échéances de livraison de l’enneigement de culture. C’est donc particulièrement sur les besoins de constitution du manteau neigeux souvent en défaut en début d’hiver et devant être livré de manière précise dans le temps pour des besoins commerciaux qu’il faut s’attacher, les besoins d’entretien étant souvent plus étalés dans le temps et de façon moins importants ponctuellement.
Pour les différentes raisons exposés dans les choix techniques, la mixité d’une installation trouve aussi ses atouts au point de vue économique. Elle permet de compléter, lorsque l’installation utilise le potentiel total en air sans équilibre avec le débit total en eau et contribue de façon favorable à la diminution des ratios énergétiques au m3 d’eau turbiné ainsi qu’à la saturation du potentiel de l’usine à des températures marginales : Le poste énergie salle des machines occasionnant à l’évidence la majeur partie des frais. Il existe à ce jour des pompes à variation de débits, libérant juste le nécessaire mais leur coût d’investissement doit faire l’obligation d’une étude préalable surtout dans le cas où elles doivent alimenter un secteur avec un dénivelé important. Malgré une priorité donnée à la production pendant les périodes tarifaires plus favorables, il est assez régulier en fonction des impératifs économiques de devoir fonctionner sous heures pleines ou de pointes et la différence peut de façon exponentielle exploser les budgets initialement prévus au fonctionnement. A ce jour, en prenant en compte un panel de stations avec différentes technologies, le SEATM a pu de façon précise définir des coûts moyens de production au m3 de neige ( 1m3 neige = 500 l d’eau environ ) de 4,25frs pour les systèmes mono-fluide, de 8,40frs pour les systèmes bi-fluides et de 5,95frs pour les systèmes mixtes où les canons ventilateurs représente une part significative du potentiel de production et dans ces 3 cas sans le régalage de la neige. La partie du travail lié à la mise en place de la neige étant relativement difficile à apprécier, cependant signalons qu’afin de minimiser ces coûts un système de balayage avec un réglage précis des angles de travail est développé par la plupart des constructeurs. Ces chiffres sont aussi à manier avec prudence car le rapport Air/eau évoqué plus haut a une importante influence sur le bilan des prix de revient du m3 de neige produit et la gestion quotidienne de ces différents paramètres de la part des techniciens peut intervenir de façon déterminante dans le bilan de ces résultats. Il reste que ces coûts énergétiques ne représente qu’environ 48% du prix total dans lequel viennent s’ajouter environ 14% pour les frais de personnel , 20% pour les frais de véhicules et de machines et 18% de frais divers. Pour conclure sur ce sujet, on peut souligner l’importance d’une maintenance préventive limitative des coûts de bris, non immobilisatrice du fonctionnement et garantissant le vieillissement avec le respect des échéances et du cahier des charges définies car ne pas prendre en compte ces impératifs en les équilibrant dans leurs contextes serait préjudiciable dans la finalité de l’investissement et de sa destination .

 

Etude des coûts d’investissement : D’une manière générale, les besoins ainsi que les fenêtres de froid disponibles à la production définissent les puissances installées à l’hectare, elles peuvent varier du simple au double en fonction principalement de l’altitude du site. Il n’est pas toujours évident que les travaux de remodelage de pistes en vue d’un équipement de neige de culture soit comptabilisés mais on peut en suivant une nouvelle fois les chiffres du SEATM avancer un investissement total de l’ordre de 500 000,00 à 900 000,00frs HT à l’hectare pour les systèmes monofluides et mixtes et environ le haut de cette fourchette pour les systèmes bi-fluides. Il est à noter que dans le cas d’installation de moyenne à grosse importance ( grande surface à enneiger ) en mono-fluide, où tous les abris sont équipés d’un canon pour des raisons d’optimisation des périodes de froid et d’automatisme intégral, le coût global d’investissement peut s’avérer égal voire supérieur à une installation bi-fluides autrement La différence provient essentiellement de la non fourniture dans le premier cas de groupes de production d’air sous pression, d’un ensemble de régulation, de refroidissement et de traitement de cet air, de la non réfrigération de l’eau destinée au monofluides et de la diminution inéluctable du bâtiment d’accueil des machines. Le poste de tuyautage de l’air restant souvent minimes en PEHD et étant minimisé par l’obligation d’une alimentation triphasée dans le cadre d’une installation basse pression. Dans l’investissement il est tout de même utile de réfléchir et d’anticiper le cas échéant aux possibilités de stockage des canons mobiles. En ce qui concerne le choix de l’automatisme ou du manuel, on ne peut que défendre le premier et ce pour une raison principale : la gestion et l’optimisation par un programme informatique ne peut et ne pourra jamais être rivaliser par des interventions manuelles sporadiques. Secundo, les relevés permanents et leurs enregistrements au sein de la mémoire centrale de l’ordinateur sont des outils de compréhension et de gestion souvent mésestimés mais incontournables d’une production optimisée en quantité et qualité. L’ouverture et la banalisation de l’informatique ont su créer à des coûts plus que modérés aujourd’hui une plaidoirie argumentaire de poids pour verser vers l’automatisme intégral largement remboursé et ne peut s’apparenter à un luxe, mais à un confort et une sécurité pour le technicien ainsi qu’à un investissement d’objectifs et de gestion.

 

En conclusion, en dépouillant de façon plus analytique chaque poste, on peut affiner ces premiers résultats et la détermination d’un système ou de l’autre. Il est pour cela essentiel d’avoir un raisonnement global sur la technologie, son process et de suivre les constantes évolutions dans ce secteur d’activités en particulier dans le cadre d’extension à des réseaux existants. De nouveaux canons offrent à ce jour des réponses nouvelles avec une compatibilité parfaite à des automatismes intégraux existants. Il faut raisonner sur des visions à long terme de manière cartésienne dans un souci de maîtrise de l’investissement, de gestion et surtout de respect du cahier des charges. La formation des personnels étant aussi une priorité devant l’investissement de manière que le technicien puisse trouver et donner la justification des sommes engagées dans l’optimisation des moyens mis à sa disposition.

retour page accueil / © www.anpnc.com /FRANCEhaut de page